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Les orages et la foudre en 5 questions

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Le saviez-vous ?
On recense entre 6 et 10 millions d’éclairs sur la planète chaque jour 1. S’ils sont nécessaires à l’équilibre électrique de la planète, leur dangerosité place la foudre au 25 ème rang mondial en matière de mortalité2.

1) Pourquoi y’a-t-il des orages ?

Affectant la planète en permanence, les orages se forment dès que 3 conditions sont réunies :

C’est le seul nuage générateur d’orage, et c’est à lui que l’on doit des phénomènes comme la grêle et la foudre.

Canicule et orages
Orages naissant le 8 juin 2014 dans les Yvelines (à gauche) et le 13 Mai 2017 dans la vallée du Rhône (à droite).

Idée répandue:

La chaleur n’est pas systématiquement suivie d’orages: ces phénomènes sont d’ailleurs rares voire inexistants dans la plupart des déserts, et il n’y a pas forcément d’orages lors des épisodes de canicule comme par exemple celle de juin 2019 en Europe.

Zone désertique
On identifie distinctement les zones désertiques sur cette carte de foudroiement crée à partir des données du réseau GLD360.

>> En savoir plus : Consultez l’ article pédagogique de Météo-France sur les orages

2) Comment l’orage se forme ?

L’éclair est le phénomène que l’on rencontre systématiquement lors d’un orage. Il s’agit d’une décharge électrique schématiquement liée à la collision de particules qui composent le cumulonimbus.
Ces éclairs se produisent dans le nuage ou entre deux nuages : on parle d’inter et d’intra-nuages, et une partie de l’ordre de 10% atteindra le sol : c’est le phénomène de la foudre.
Si la foudre se produit systématiquement, d’autres phénomènes peuvent se former si des conditions particulières se produisent : c’est le cas de la grêle mais aussi de cas plus rares comme les « TLE » : Transient Luminous Event ou phénomènes lumineux transitoires qui font l’objet de recherches récentes.

Idée répandue:

La majorité des décharges électriques que nous percevons ne « tombent pas du ciel », mais suivent un cheminement inverse.
Notre œil ne discerne en effet que « l’arc-en-retour », seule décharge visible, et empruntant un trajet depuis le sol vers le nuage dans près de 99% des cas !
Pour vous en convaincre, observez la vidéo « slow-motion » de la séquence filmée par notre caméra ci-dessous. Il vous faudra peut-être plusieurs visionnages, même à 7000 images/secondes…

Anecdote :

Un éclair est tellement bref qu’il dure généralement quelques millisecondes. Néanmoins un groupe de chercheurs au sein duquel participait notre directeur technique Stéphane Pedeboy, a mis en évidence l’existence de phénomènes bien plus longs, et notamment un éclair d’une durée de 16,73 secondes en Argentine en 2019, qui a été validé comme record mondial par l’Organisation Météorologique Mondiale (W.M.O – O.M.M) en 2020. 3

>> En savoir plus : Découvrez l’étude officielle validant ces records

3) Quand ?

Quelques informations à retenir en matière d’occurrence d’orages. Il y a :

L’été concentre la majeure partie de l’activité électrique.

Schématiquement pour l’Europe4, on retrouve :

Il y a cependant de nombreuses disparités, notamment pour la péninsule ibérique où la répartition est plus lissée entre le printemps et l’automne, ou encore pour les pays du nord où le foudroiement en Automne est moindre qu’ailleurs.

Néanmoins le point commun est la faible proportion d’orages en hiver sous nos latitudes européennes, qui ne dépasse généralement pas 3% de l’activité annuelle.

Idée répandue :

Même s’ils sont rares à cette période, on aurait tort de négliger le risque d’orages en hiver.
Dès les années 90, nous avions constaté que le courant électrique des éclairs était bien plus élevé en hiver que pendant les autres saisons.
Sur le nombre annuel d’éclairs très violents, seuil que nous avons fixé à 100 kiloampères (kA), près de 60% de ceux-ci sont détectés en hiver contre 9% en été et 10% au printemps.

>> En savoir plus : Découvrez notre plus récente publication au sujet de la répartition géographique et la saisonnalité des éclairs intenses en Europe

4) Où ?

Certaines parties de la planète sont épargnées par les orages, en particulier les secteurs désertiques et polaires, d’autres sont frappées quasi-quotidiennement dans les zones équatoriales.

L’Europe ne connaît pas ce type de foudroiement extrême. Il existe cependant de grandes disparités selon les pays, mais aussi selon les régions voire à l’échelle de zones comme les départements en France.

Nîmes est ainsi 30 fois plus foudroyé que Quimper en moyenne, ce qui surprendra peut-être moins que la différence de foudroiement entre Gentilly et Saint-Mandé situées dans le même département. Cette dernière est en effet près de 4 fois plus foudroyée que son homologue !


Idée répandue:

La fameuse maxime de la foudre qui ne tombe jamais 2 fois au même endroit ne résiste pas à l’épreuve à des faits comme on pouvait s’en douter. Pire, c’est souvent même l’inverse qui se produit comme le montre le foudroiement intense de certaines zones comme le Pic du Midi dans les Pyrénées.

Vidéo Dataviz

Anecdote :

Il n’aura pas échappé à certains lecteurs que Saint-Mandé abrite (!) le siège de Météo-France, mais nous plaidons le hasard 😊

>> En savoir plus : Découvrez si votre commune est foudroyée ?

5) Combien ?

Près de 2 milliards et demi d’éclairs ont été détectés sur la planète en 2019 5 , chiffre que l’on peut globalement comparer aux quelques 10 millions détectés sur une large partie d’Europe de l’ouest6.
La densité moyenne de foudroiement en France est de l’ordre d’un coup de foudre au km²/an, même si dans la réalité cette valeur peut dépasser les 5 impacts/km²/an dans le sud-est du pays.
En dépit de fortes disparités territoriales évidentes, cet indicateur permet de comparer avec nos pays voisins. La Belgique, l’Espagne et l’Allemagne sont proches de ce niveau national moyen, la Suisse légèrement au-dessus et l’Italie plus de 2 fois supérieure lorsque le Royaume-Uni n’atteint pas la moitié de cette valeur.
Au-delà de cet indicateur sur le nombre d’éclairs, on s’intéresse également à leur violence, notamment de ceux pouvant dépasser plus de 200 000 ampères.
En France, on en détecte environ 500 chaque année, et on constate que de nombreux sinistres sont effectivement corrélés avec la présence d’impacts de forte amplitude…


Stéphane Schmitt
Dossier rédigé par Stéphane S.
Il est expert auprès de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et formateur en matière de risques d’orages.

Participant (hyper)actif auprès de nombreux organismes pour renforcer les actions de sensibilisation face au risque d’orage, il apporte sa contribution dans le domaine normatif et à travers de nombreuses études publiées lors de conférences internationales.

>> Vous souhaitez en savoir toujours plus sur le sujet ? <<
Contactez l’auteur par mail : toutsurlesorages@meteorage.com


1 & 5 Source : réseau mondial GLD360 de Vaisala
2 Source : étude du National Safety Council : “injury facts”
3 Communiqué de presse de l’ éclair le plus long du Monde
4 Analyse effectuée à partir des réseaux Meteorage et Euclid couvrant une large part de l’Europe.
6 Source : données du réseau Euclid incluant les données du réseau Météorage