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Comment prévoir les orages ?

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Les processus physiques à l’origine des orages sont complexes : en complément de l’instabilité atmosphérique, il faut prendre en compte les conditions d’humidité qui sont influencées par la nature du sol, le type de végétation ou encore la configuration du relief. Les modèles numériques utilisés dans la prévision météorologique progressent, et les résolutions spatiales largement améliorées. La prévision reste cependant souvent délicate bien que le « Nowcasting » permette d’anticiper efficacement un phénomène dans l’heure.
C’est principalement cette méthode que nous allons décrire dans cet article.

1) Pour prévoir les orages il faut d’abord observer

L’observation constitue le socle fondamental et sa qualité est primordiale pour ne pas induire en erreur le modèle prédictif.
Prévoir un orage pour demain, par exemple, revient à identifier les conditions propices à la convection :

Sauf s’il y a peu de doute sur la réunion de toutes les conditions, on parlera plus d’une prévision de risque d’orage, notamment au-delà de quelques heures et sur un territoire étendu (par exemple l’échelle d’un département en France).
Dans le cas de la prévision immédiateNowcasting »), on va surtout utiliser des données d’observation du phénomène orageux, à l’aide du satellite, du radar ou des réseaux de détection des éclairs.

L’information issue des réseaux de détection des éclairs est la seule disponible en « vrai » temps réel puisque les éclairs sont détectés « au fil de l’eau », généralement une dizaine de secondes seulement après s’être effectivement produits, contrairement aux images satellites et radars qui sont séquencées (en général toutes les 5 à 15 minutes).
C’est notamment pour cette raison, mais aussi grâce à leur excellente efficacité de détection1 que le recours aux « LLS » (terme qui les désigne en anglais, à savoir lightning locating system) est généralement la meilleure alternative pour le « Nowcasting des orages ».
Cette méthode permet actuellement d’obtenir les meilleurs résultats en termes d’anticipation à moins d’une heure. Au-delà de cette échéance, on combine celle-ci avec de la prévision météorologique car l’observation du phénomène ne permet plus d’estimer aussi efficacement son déplacement.

2) Comment anticiper le déplacement des orages ?

Pour comprendre comment on peut anticiper un phénomène en ne faisant qu’observer celui-ci, il faut savoir que s’il existe de nombreux types d’orages.

On peut schématiquement différencier 2 catégories très différentes :

Les orages frontaux

Ce sont des situations à large échelle qui peuvent affecter plusieurs centaines de kilomètres, et que l’on rencontre le plus fréquemment sous nos latitudes.
Ils suivent souvent une direction sud-nord et leur configuration assez linéaire rend possible l’anticipation de leur déplacement.

Exemple : présence de plusieurs fronts orageux en Europe le 20/08/2019

Orages fontaux

Les orages convectifs

Il s’agit de situations isolées, comme les orages orographiques, qui se forment souvent très rapidement sous l’influence des reliefs.
Leur anticipation est plus délicate que dans le cas des orages frontaux mais ils concernent souvent des zones particulières comme les Alpes ou les Pyrénées.

Exemple : orage isolé dans le Verdon le 27/05/2019s

Orage Convectif


Contrairement à une idée répandue, peu d’orages sont soudains et imprévisibles. Une de nos études d’accidentologie récente le prouve et fait état d’environ 5% des cas sur une majeure partie de l’Europe2.

Exemple concret

Exemple orage

3) Peut-on aussi anticiper sur leur sévérité ?

Par définition tout orage est dangereux et il convient de se mettre systématiquement en sécurité. Néanmoins, certains épisodes orageux peuvent être particulièrement sévères, et leur prédiction essentielle. Une des méthodes d’anticipation élaborées très récemment, consiste à identifier une brusque augmentation du nombre d’éclairs, en particulier de l’activité intranuageuse.

Ce phénomène connu sous le nom de « lightning jump » est un précurseur avéré de nombreux phénomènes associés aux orages, comme la grêle ou de fortes rafales de vent sous orage3. De nombreuses études existent sur le sujet, et 2 de nos experts, Stéphane Pedeboy et Paul Barnéoud travaillent depuis plusieurs années sur ce sujet afin d’améliorer les méthodes de prévention des orages actuellement utilisées.




Stéphane Schmitt
Dossier rédigé par Stéphane S. Il est notre expert et formateur en matière de risques d’orages.
Participant (hyper)actif auprès de nombreux organismes pour renforcer les actions de sensibilisation face au risque d’orage, il apporte sa contribution dans le domaine normatif et à travers de nombreuses études publiées lors de conférences internationales.

>> Vous souhaitez en savoir toujours plus sur le sujet ? <<
Contactez l’auteur par mail : toutsurlesorages@meteorage.com



1Lire par exemple cette publication de 2020 mentionnant qu’un satellite détecte environ la moitié des éclairs localisés par des réseaux de détection des éclairs de haute précision
2Lire la publication ici
3Lire par exemple cette publication
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